Arrêt sur image: Peter Doig et l’inspiration frissonnante

29 avril 2014

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© Centre Pompidou, Musée national d'art moderne (Paris) - Détail de l'oeuvre

En visitant ce week-end l’exposition Peter Doig – Nulle terre étrangère au Musée des Beaux-Arts de Montréal, je suis tombé en arrêt devant 100 Years Ago, une immense toile (229cm X 329cm).

Au centre de la composition : un vieillard barbu assis dans un canoë fixe «l’objectif», son relet flou ondulant devant lui. La longue embarcation rouge orangé, ainsi que, plus haut, la ligne d’horizon surmontée d’une île, divisent la composition en trois champs de couleur bleue, produisant un saisissant effet duel d’angoisse et d’apaisement.

La légende m’apprend, ô stupéfaction, que le thème de cette toile évoquant par son style Munch et Matisse a été inspiré à l’artiste par la scène du rêve d’Alice (Adrienne King), qui survient à la toute fin du drame d’horreur Friday the 13th.

Dans une citation datant de 2007 reproduite dans la superbe monographie officielle de l’exposition (Peter Doig – Nulle terre étrangère, Coéd. Somogy, MBAM et National Galleries Scotland), l’artiste explique:

«Après avoir vu cette scène, je suis allé travailler dans la grange pour la peindre la même nuit. Ce qui est amusant à propos de Friday the 13th, c’est que c’est la seule de mes toiles qui fasse directement référence à un film, mais cette anecdote est devenue une sorte d’histoire officielle. Les gens aiment ce type d’accroche, ils aiment penser qu’on s’inspire de films d’horreur. En fait, c’est le moment le moins terrifiant du film. Hors contexte, ça s’apparente plutôt à une sorte de rêverie romantique.»

Peter Doig – Nulle terre étrangère

Au MBAM jusqu’à ce dimanche 4 mai (accès au site)



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