Box office, oscars et buzz dans la biz

7 juillet 2014

Box office, oscars et buzz dans la biz
© Fox Searchlight

Déjà que je me plaignais. D’amère façon, depuis des années, de cette obsession qu’a l’industrie du cinéma, en Amérique du Nord, tout particulièrement, de mesurer le succès d’un film à l'aune de son box-office. Et durant l’été, de mesurer la performance commerciale d’un week-end à son équivalent l’an passé.

Ainsi, les Variety, Hollywood Reporter, Indie Wire et autres trades nous apprenaient dimanche que le week-end de la fête nationale américaine a connu une baisse de 43% de ses recettes, par rapport à celui de l’année dernière. «La pire performance de la dernière décennie», déclare Variety. Et, préparez vos mouchoirs, la saison estivale enregistre à ce stade une baisse de 20% par rapport à l’an dernier.

Parallèlement, les mêmes journaux, en quête perpétuelle de tangible et de vérifiable, se sont tous livrés à cet exercice futile qui consiste à mesurer quels films, parmi ceux vus depuis le début de l’année — et même parmi ceux qu’ils n’ont pas vus parce qu’ils sortiront durant la seconde —, ont le plus de chance de participer à la prochaine course aux oscars. À six mois de la date butoir, à 9 mois de la cérémonie.

Ainsi, les spéculations vont bon train afin de savoir si The Grand Budapest Hotel, par exemple, pourra maintenir son statut de favori malgré l’afflux automnal de films de prestige tels que Gone Girl de David Fincher, avec Ben Affleck, ou encore Birdman d’Alejandro Gonzalez Innaritu, avec Michael Keaton. (ici la liste complète établie par Variety).

Autant se demander s'il fera-t-il beau à l'automne. Ou s'il y aura-t-il de la neige à Noël. Ce travail d’enquête d’une grande rigueur journalistique cache très mal son premier objectif, qui vise pour ces publications à racoler de la publicité auprès des studios et des distributeurs en créant du hype autour de leurs films.

Le spécialiste du buzz dans la biz, Tim Gray, porte le titre de «Awards Editor» pour Variety. Preuve de sa pertinence, l’année dernière, jour de l’ouverture du Festival de Toronto, ce commentateur annonçait l’entrée officielle dans la course aux oscars du mauvais film d’ouverture de l’événement, The Fifth Estate, sur Julian Assange.

Après l’avoir vu.



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